Chapitre Un

 

 

— CE N’ETAIT pas une demande, Crawford. Helena t’a réservé un vol pour Vancouver la semaine prochaine et je m’attends à ce que tu y sois.

Crawford garda un air parfaitement impassible, ses yeux braqués juste au-dessus de l’épaule de son chef sur le Warhol accroché derrière lui. L’objet en lui-même était horriblement cher, surtout sachant qu’il était exposé sur le mur d’un homme qui n’appréciait même pas l’art. C’était lui qu’on avait envoyé à la vente pour y enchérir. George avait affirmé que c’était exactement le type de chefs-d’œuvre qu’on trouvait dans le bureau du PDG d’une chaîne de boutique-hôtels internationale très fructueuse.

Participer à des ventes d’art ne faisait techniquement pas partie de son travail. Mais récemment, George s’était mis à étendre de plus en plus les fonctions de Crawford pour justifier de l’envoyer faire des tâches aussi ridicules que traverser la moitié du pays pour prendre part à des enchères avec l’architecte d’intérieur de leur compagnie.

Crawford se concentra entièrement sur le tableau tape-à-l’œil et invoqua toute la patience qui lui restait. Son cœur battait à tout rompre depuis que George avait annoncé devant tout le Conseil que Crawford allait être en charge de l’audit de l’hôtel canadien le plus prisé de leur compagnie. La nouvelle en elle-même n’avait pas été une grande surprise. Le domaine de Vancouver était sur la mauvaise pente depuis déjà plusieurs trimestres. Les chiffres ne convenaient plus aux attentes et ne pouvaient plus se mesurer aux gains de leurs établissements nord-américains – très loin des prévisions que Crawford en personne avait participé à établir. Étant le contrôleur principal et le consultant en chef en gestion, il s’était attendu à recevoir une telle affectation.

Au vu de l’ampleur de l’affaire, cela n’avait pas été très surprenant non plus d’apprendre qu’il ferait partie d’une équipe d’inspecteurs au lieu de s’y rendre en solo comme il le faisait souvent.

Et si cela avait été avec l’un des six consultants nord-américains avec lesquels il avait déjà travaillé par le passé, il serait déjà dans son bureau, plongé dans les dossiers afin de se préparer pour le déplacement. Mais le chef du comité avait décidé de faire appel à son homologue européen, ce qui était le plus rédhibitoire pour lui. George savait exactement ce qu’il demandait en vérité à Crawford en prenant de telles mesures. Tout le monde à Chatham-Thompson savait pourquoi Crawford tenait les bureaux européens et toute communication avec son homologue à distance. Ce n’était pas comme si Crawford et Davis avaient caché leur relation. Ils avaient été ensemble pendant trois ans. La moitié de leurs collaborateurs étaient même venus à leur mariage, pour l’amour de Dieu.

Crawford fit une grimace en frottant une main sur sa mâchoire. L’une des dernières choses pour le moins civiles que Davis lui avait dites, c’était qu’il souhaitait qu’aucune rancune ne naisse entre eux à l’idée qu’il accepte la promotion qui l’enverrait à l’autre bout du monde. Comme si leur mariage n’avait rien signifié. Comme si le temps passé ensemble ne se résumait qu’à l’attente de son heure avant que Davis grimpe l’échelon suivant sur l’échelle de la hiérarchie.

Il allait sans dire que Crawford n’avait pas été aussi cordial à son égard par la suite. Après plusieurs conférences téléphoniques désastreuses, les autres cadres avaient réalisé l’importance de planifier leurs réunions avec ces deux-là séparément, et ils faisaient dorénavant bien attention de le faire.

Jusqu’à aujourd’hui.

George, Edward s’est lui-même proposé pour superviser l’audit, répliqua Crawford. Et avec tout le respect que je vous dois, vous n’avez pas besoin de Davis et moi là-dessus. Ce serait plus logique d’envoyer un adjoint qui connaît les lieux afin d’aider Davis à vérifier les chiffres et discuter avec le personnel. Lui et moi ensemble, ce serait redondant.

Crawford fut fier de constater que sa voix n’avait pas tremblé. Ses mains étaient la seule partie de son corps à le trahir, mais elles étaient serrées en poing sur ses genoux, cachées par l’énorme bureau en chêne de George.

— Edward est quelqu’un de très compétent, accepta George avec un calme trompeur qui précédait toujours ses discours les moins populaires.

Le mentor de Crawford était étrangement doué lorsqu’il s’agissait de cerner les gens et de les pousser hors de leur zone de confort. Toujours dans l’intérêt d’une croissance professionnelle, bien sûr. Son ventre se noua. Il voyait d’ici George vouloir s’immiscer dans ce qui ne le concernait pas.

— Je vais être franc avec vous, Crawford. Vous avez raison. Un de vos adjoints pourrait sans doute s’occuper de cette affaire. Pour ce qui est des entretiens et de la collecte de données sur place, du moins. Mais je pensais que ce serait une chance pour vous de prouver au Conseil que vous êtes sérieux à propos de l’avenir que vous envisagez chez nous, à Chatham-Thompson.

Crawford serra les dents. Il avait travaillé pour cette compagnie durant plus de la moitié de sa vie, débutant comme réceptionniste comme tous les nouveaux, pour être promu en l’espace de deux ans à la conciergerie du plus gros hôtel de la chaîne. Peu après, il était monté en grade en intégrant le siège social, travaillant jusqu’à l’épuisement quatre-vingts heures par semaine, tout en révisant de son côté afin d’obtenir sa maîtrise en gestion. Cela avait fini par payer. À l’âge de trente-quatre ans, il avait finalement atteint la vice-présidence.

— Je suis sérieux à propos de Chatham-Thompson. Ne soyez pas ridicule, lança Crawford.

Il avait tout donné pour cette compagnie. Des semaines de travail atrocement longues, des années pendant lesquelles il avait préféré oublier ses congés, car il était trop occupé à faire croître cette entreprise pour les prendre – chose ironique, vu qu’il travaillait pour la plus grande chaîne de complexe hôtelier du monde. Après George, il était l’employé le plus dévoué de toute la direction. Il ne voyait simplement pas la nécessité de se forcer à travailler avec son ex-mari pour le prouver.

— La décision a déjà été prise, Crawford, dit George. Je sais que ce n’est pas toujours facile pour vous, mais cela fait déjà trois ans. Il faut que vous passiez à autre chose. J’ai trop longtemps laissé passer votre petite rivalité, mais cela commence à affecter notre rentabilité. Et cela, je ne peux pas me le permettre.

George se leva pour signifier la fin de la conversation.

— Votre vol est réservé. Je suppose que vous allez loger sur place, comme d’habitude ?

Crawford était trop ahuri pour faire quoi que ce soit d’autre qu’opiner de la tête en guise d’assentiment. Il s’était fait avoir et sa poitrine lui faisait aussi mal que s’il avait percuté un train à pleine vitesse.

— Parfait. Helena s’occupera d’envoyer tous les détails à votre assistant. Nous planifierons une conférence téléphonique une fois que vous serez installé et que vous aurez fait votre enquête préliminaire.

Lorsque les yeux de George se portèrent de nouveau sur la tablette en face de lui, il se considéra comme congédié. Il avait manifestement dit tout ce qu’il avait à dire, et alors même que le monde de Crawford s’effondrait tout autour de lui, il en restait froidement inconscient.

Crawford avait envie de débattre, d’adopter une position ferme et de refuser, mais il ne pensait pas qu’il gagnerait cette partie. George irait-il jusqu’à le renvoyer ? Éviter Davis valait-il de ruiner toute sa carrière ?

Ce n’était pas la première fois que Crawford se demandait à quoi ressemblerait sa vie s’il n’avait pas accepté la première promotion qui l’avait vraiment lancé dans l’entreprise. Son travail de concierge lui plaisait et il rêvait à cette époque de pouvoir un jour être à la tête de son propre hôtel. Encore aujourd’hui, la partie de son travail qu’il préférait était de se rendre dans les hôtels et d’être en contact avec les clients. À présent, il n’avait plus l’occasion de le faire aussi souvent qu’auparavant et lorsqu’il l’avait, c’était habituellement avec des clients mécontents logeant dans des hôtels en difficultés. Mais c’était quand même beaucoup mieux que de rester assis dans un bureau étouffant à étudier des rubriques budgétaires.

George releva les yeux, les sourcils haussés, comme s’il était surpris de voir Crawford encore dans son bureau.

— Nous nous sommes bien compris ?

Il n’essaya même pas de sourire lorsqu’il se releva pour disposer.

— Parfaitement.


 

 

 

Chapitre Deux

 

 

MAT, CE n’est pas que je n’aime pas t’avoir ici, mais tu es bien sûr de toi ? C’est un gros pari que tu fais là. Peut-être que tu devrais prendre le vol prévu et revenir d’ici quelques mois lorsque Duarte et moi aurons remis le verger sur les rails.

Mateus embrassa la joue de sa belle-sœur et glissa une main sur la légère rondeur de son ventre.

— Tu n’as pas quelques mois devant toi, irmãzinha, la taquina-t-il.

Elle repoussa sa main.

— Quatre mois seulement et Duarte et toi me traitez comme si j’étais en sucre. Je suis parfaitement capable de travailler au jardin, merci bien.

Mateus pinça ses lèvres et choisit ses mots avec prudence. Il était en terrain miné et même s’il avait une bonne connaissance de la langue anglaise, il savait aussi avoir l’accent un peu cru parfois. Il lui fallait faire attention aux différences culturelles qui les séparaient. La galanterie machiste qui avait été profondément inculquée par ses parents au Portugal était plutôt mal vue par ici. Quelques semaines auparavant, lors d’une bruyante dispute après qu’il lui eut affirmé que la laisser conduire dans sa condition n’était peut-être pas la meilleure des idées, Bree avait hurlé aux aberrations du patriarcat. Ce seul souvenir le faisait encore sourire.

Sur le moment, il parlait surtout de l’orteil qu’elle s’était brutalement cogné et les tongs – un autre mot fabuleux qu’il avait récemment appris – cassées sur lesquelles elle venait de trébucher. Il avait été trop intimidé pour en faire la remarque.

Vu que Bree avait un excellent détecteur de balivernes, il finit par lui avouer toute la vérité.

— Ça ne me plaît pas que tu passes les prochains mois à te plier en deux et à te baisser pour tailler les arbres. Et puis, c’est toi ou moi le botaniste dans l’histoire ?

Elle plissa le nez, mais ne le reprit pas. Ils savaient tous les deux que sa véritable force se trouvait dans la comptabilité. Même Duarte était complètement dépassé par l’expansion du jardin. C’était pour cette même raison que Mateus avait quitté le Portugal trois mois auparavant.

Il ne s’était pas attendu à tomber complètement sous le charme du Nord-ouest américain. Il savait qu’il pouvait faire s’épanouir le jardin si on lui en donnait le temps, mais son visa expirait dans une semaine.

— Je n’ai pas envie que tu aies des problèmes, finit par dire Bree. Que se passera-t-il si tu achètes ton billet et que ta petite combine ne fonctionne pas ? Alors quoi ? Un aller simple pour Lisbonne vaut bien le double de ce que tu gagnes en retour.

Elle n’avait pas tort, mais Mateus avait parcouru la Toile de long en large pour trouver un moyen de rester au pays. Un permis de travail était sa meilleure option, mais le verger devait être solvable pour que ce soit accepté. Et il le serait… d’ici quelques mois. Tout ce qu’il avait à faire, c’était de passer la frontière canadienne et faire tamponner son passeport. De cette manière, dès qu’il atterrirait à Washington, son visa américain serait automatiquement remis à zéro pour trois mois supplémentaires. C’était infaillible.

Le seul problème étant qu’il avait besoin de l’argent de son billet de retour à Lisbonne afin de payer pour son aller-retour à Vancouver.

— Tu t’inquiètes trop, répliqua-t-il en écartant ses craintes. Un visa touristique, c’est une formalité. Beaucoup de gens l’ont déjà fait. Tout se passera bien.

Du moins, il l’espérait. Sinon, il ne lui restait plus qu’à retourner à son petit appartement et à son travail ennuyeux, sans les promesses d’avenir pour lesquelles il avait pris un congé sabbatique pour venir ici. C’était bien la dernière chose qu’il voulait maintenant que Duarte avait épousé Bree et qu’ils s’étaient installés aux États-Unis. Il avait espéré que Bree aurait envie de venir au Portugal, ainsi Duarte aurait pu s’occuper de l’oliveraie que leurs parents leur avaient léguée, mais Bree était dotée d’une grande famille qu’elle ne pouvait pas s’imaginer abandonner. Et tout ce qu’avait Duarte au Portugal, c’était Mateus et un petit bosquet qui ramenait à peine assez d’argent chaque année pour payer les taxes foncières.

Mateus ne lui en avait pas voulu d’avoir tenté sa quête du bonheur aux États-Unis. Il voulait ce qu’il y avait de mieux pour son frère, et Bree était exactement ce qu’il lui fallait. Et lorsque d’ici cinq mois, cette petite famille s’agrandirait pour accueillir un nouveau-né, Mateus voulait à tout prix être présent. Il n’avait certainement pas envie d’être un oncle de nom seulement – il voulait être impliqué, tout comme il avait envie de l’être dans le verger. C’était sa vie à présent et tout ce dont il avait besoin, c’était d’une carte verte pour la concrétiser.

Bree tendit un bras vers lui et le passa autour de son torse.

— Tu en as déjà tellement fait pour nous. Tu es certain que tu veux rester ? Que tu en as vraiment envie ? Tu ne le fais pas seulement pour Duarte et moi ?

Il enroula un bras autour de ses épaules tandis qu’ils prenaient le chemin de la maison. La palissade blanche semblait étinceler sous les rayons du soleil couchant, et entre ça et le léger reflet du ciel strié de lueurs rosâtres sur les fenêtres, la vue était à couper le souffle. La maison était la seule partie du jardin qui n’était pas tombée à l’abandon aux mains des anciens propriétaires. Cela prendrait quelques années pour redonner aux arbres leur splendeur d’antan, mais il y parviendrait. Cependant, vu que ni Duarte ni lui n’avait le moindre talent pour le bricolage, c’était une bonne chose que la maison ait été aussi bien entretenue.

— Je le fais peut-être un tout petit peu pour vous, admit-il. Mais aussi en grande partie pour moi. Je veux une vie telle que celle que Duarte et toi construisez ici.

Elle renifla, amusée.

— Une épouse et un bébé ? Là, je sais que tu me mens.

Il éclata de rire et la bouscula d’un mouvement du bassin.

— Eh bien, peut-être pas exactement ce que vous avez ici. Mais une charmante maison ? De la bonne terre dans laquelle je peux plonger mes mains et un terrain dont je peux faire ce qu’il me plaît ? Ça oui.

— Et un jour peut-être, un mari et un bébé ? proposa-t-elle.

Ce n’était pas comme s’ils n’avaient jamais parlé de cela auparavant. Il était prêt à s’installer quelque part. Il en avait envie… il n’avait simplement pas encore trouvé le bon. Ses parents avaient été loin d’être un couple parfait, mais ils avaient eu une belle vie conjugale. Et Duarte avait forgé le même lien puissant avec Bree. Comment pouvait-il espérer moins que l’amour véritable après avoir vu à quel point cela les avait tous rendus heureux ?

— Un jour, peut-être. On ne peut pas précipiter le destin.

Bree secoua la tête.

— Duarte dit la même chose.

— Notre avó Margarida avait l’habitude de nous le répéter. Surtout lorsque nous nous plaignions de choses que nous rêvions d’avoir, mais que nous ne pouvions pas nous offrir.

— Ah, la fameuse grand-maman. C’est aussi elle que je devrais remercier pour ces sottises qu’aime raconter Duarte à propos de l’homme « gagne-pain de la famille » et la femme, chargée de cuisine ?

Mateus s’esclaffa. Il en doutait. Leur avó n’avait pas été le genre de femme docile patientant sagement à la maison près de l’âtre. Duarte aurait pris beaucoup de libertés artistiques s’il les lui avait attribuées.

— Je crois qu’elle aurait frappé Duarte avec le premier moule à pain à sa portée s’il avait osé dire cela devant elle.

Il lui jeta un regard en biais.

— Et tu m’excuseras, mais tu serais une bien piètre boulangère.

Bree brûlait absolument tout ce qu’elle touchait, du coup, la cuisine était du ressort de Duarte. Mais Mateus pouvait comprendre ce que son frère avait voulu dire. Ils s’étaient tous les deux inquiétés que Bree en fasse trop. Elle paraissait déterminée à prouver que sa grossesse n’était pas incapacitante, et Mateus savait qu’elle n’avait pas tort. Mais il avait également conscience qu’elle se fatiguait bien plus rapidement qu’habituellement. Il changea de position afin qu’elle puisse s’appuyer sur lui en marchant, et elle poussa un soupir sans pourtant refuser son aide. Si elle ne le rembarrait pas, c’était qu’elle devait être sacrément épuisée.

— Je lui en aurais bien mis une moi-même, mais je ne veux pas enseigner au bébé que la violence est la réponse à tout, répliqua-t-elle tristement. Et de toute façon, je pense que tout cela n’était qu’une simple métaphore.

Elle opina en direction de son ventre.

— Tu sais, un autre genre de four.

— Je n’ai jamais compris l’analogie, répondit Mateus en suivant son regard jusqu’au ventre sur lequel elle avait posé une main.

— La plupart d’entre elles ne sont pas forcément logique. Je veux dire, qui a décidé d’appeler les abdos des tablettes de chocolat ?

Ils atteignirent le porche et elle s’éloigna de sa douce étreinte pour aller s’effondrer sur la balancelle que Duarte et lui avaient repeinte en jaune criard le mois dernier.

— Quand on sait ce que le chocolat fait au corps à trop forte dose, c’est vraiment saugrenu. S’il y a bien une partie du corps qu’on devrait comparer à ça, ce ne serait certainement pas les abdos. Une partie un peu plus grasse peut-être ?

Mateus n’était peut-être pas attiré par les femmes, il pouvait quand même apprécier un beau corps. Et celui de Bree l’était sans le moindre doute. La grossesse l’avait davantage arrondie, bien qu’il ne s’en soit seulement rendu compte que lorsqu’elle s’en était plainte.

— Les tiens me font un peu peur, dit-il, amusé.

Elle fit légèrement rebondir sa poitrine, puis fit une grimace et croisa les bras de façon protectrice dessus.

— Aïe. C’est vraiment comme si j’avais mes règles en continu, marmonna-t-elle.

Il rit et contracta visiblement ses pectoraux. Ayant toujours aimé le sport, il courait souvent, mais ces derniers mois de travaux manuels dans le verger lui avaient donné des muscles comme jamais auparavant.

— Pas de doute, les tiens sont quand même mieux, lui concéda-t-elle.

Elle pouffa dans un accès de hoquets qui la laissa les deux mains enroulées autour de son ventre. Ce fut dans cette position que Duarte les trouva.

— Tu harcèles encore ma femme, maninho ?

Mateus lui lança un grand sourire. Avec Bree et Duarte ici, le verger lui paraissait déjà davantage un foyer que celui qu’il possédait au Portugal. Il ne lui restait désormais plus qu’à trouver un moyen de rester.

— On ne change pas les bonnes habitudes.