Chapitre Un

 

 

LA balance de la santé mentale avait complètement penché du côté de la folie chez Mabeline Crassen. C’était évident.

— Quoi ? dit Eric d’une voix traînante.

— J’ai dit, commença Mabe sur un ton direct, que toi, Eric Crassen, tu vas changer d’attitude, arrêter de boire, de fumer et de faire la bringue, et faire en sorte que Trix Stubben se marie avec toi. Et toi, Jeremy, tu vas séduire ce Chris Ramsey.

Il devait y avoir de la brise en enfer, parce qu’elle soufflait sur Jeremy en cet instant. Une chaleur lui picotait le cou même sous la protection de ses longs cheveux.

— Quoi ? répéta Eric.

Jeremy, cependant, trouva enfin l’indice manquant qui donnait du sens aux paroles de sa mère.

— C’est au sujet du Big Basin Ranch ! Putain, Maman, c’est impossible…

— N’utilise pas ce mot dans cette maison ! le réprimanda Mabe.

— Bien, dit Jeremy entre ses dents. Zut, Maman, c’est impossible que ça fonctionne.

— Pourquoi faut-il que j’arrête de faire la fête ? se plaignit Eric.

Comme d’habitude, il avait un kilomètre de retard dans la conversation et il n’était pas pressé de les rattraper.

— Et qu’… c’est quoi ce truc avec Chris Ramsey ? souffla Jeremy comme si c’était ridicule, comme si ses organes ne s’étaient pas transformés en gelée de piments Jalapeño.

Est-ce que sa mère était vraiment sérieuse dans ce qu’elle venait de dire ? Qu’il allait devoir séduire un homme ? Si c’était le cas, il fallait qu’il trouve un énorme autocollant qui disait Ironie et se le coller sur le front pour la journée.

Mabe ne répondit pas immédiatement, mais son expression était purement et simplement suffisante. Quel que soit son plan, ce n’était pas un feu de paille. Et cela rendait Jeremy très nerveux.

— Je suppose que je pourrais aussi bien te faire un dessin. Tu sais que John Stubben a été tragiquement tué l’été dernier…

Mabe avait l’air vraiment désolée. Toute la communauté avait été durement frappée. John était si jeune et on ne peut plus prometteur et honnête.

C’est-à-dire qu’il n’avait été en rien comme les Crassen.

— Enfin, ça laisse sa veuve, Trixie, et leur petite fille, Janie, toutes seules. Bon, je sais de source sûre que Billy Stubben prévoit d’laisser le Big Basin à Trix et Janie. Il pense que c’est ce que John aurait voulu.

— Ça tombe sous le sens, dit Jeremy en haussant les épaules. Mais ce sont les affaires de Stubben, pas les nôtres.

— N’importe quoi ! Trixie Stubben va se remarier. Elle est suffisamment jeune et jolie pour ça. Alors pourquoi ne devrait-elle pas se marier avec Eric ? Aucune raison sur la Terre de Dieu, voilà pourquoi !

Jeremy regarda son frère aîné, Eric. Il pouvait trouver une douzaine de raisons pour lesquelles cela ne fonctionnerait jamais. Trix avait été trois classes au-dessus de Jeremy à l’école, mais de ce qu’il savait d’elle, elle était intelligente et réaliste, une travailleuse, et responsable. C’était une bonne fille et d’une famille de ranchers respectés en plus. Bon sang, elle avait été reine du bal. Jeremy adorait son frère, mais il savait aussi que n’importe quelle femme avec une once de bon sens resterait très, très loin d’Eric Crassen.

— Maman, Trix Stubben est beaucoup trop bien pour Eric, expliqua Jeremy patiemment. Sans vouloir te vexer, Eric.

Eric se redressa, abandonnant sa mauvaise position habituelle.

— Jer a raison, Maman. Il est impossible qu’une femme pareille choisisse un gars comme moi. Tout ce que j’ai, c’est mon physique, et Trix n’est pas comme ça. De plus, j’ai déjà une petite copine.

Mabe agita une main d’un air dédaigneux.

— Toutes les femmes sont comme ça. Maintenant, écoute-moi, Eric Crassen. Tu as le physique pour charmer un serpent, et il est temps que t’utilises ce que Dieu t’a donné pour arriver quelque part dans la vie. Tu ne seras pas aussi beau pour toujours ! Tu fais croire que tu es un homme qui a changé. Plus d’alcool. Plus une fille différente sur tes genoux chaque semaine. Et ne me sors pas cette foutaise au sujet d’une petite copine. Cette Darla, ou quel que soit son nom, ne durera pas plus longtemps qu’un éternuement, pas plus qu’aucune de tes autres femmes.

— Mais, Maman… essaya Eric.

— Chut ! Tu te trouves un travail. Traîne dans la ville tout propre et sobre. Tu fais ça, tu y vas tout doux avec Trix Stubben, et elle tombera comme une pomme mûre d’un arbre frappé par une mule.

Eric retroussa les lèvres d’un air dubitatif.

— Mon chou, je ne te demande pas de faire semblant pour toujours, dit Mabe d’un ton adouci avant de tapoter la main d’Eric. Joue juste le jeu pendant quelques mois. Une fois que tu seras marié avec Trix, tu pourras retourner à la normale.

— Oh, c’est sympa, dit Jeremy avant de renifler.

Il pouvait tout à fait s’imaginer l’équilibrée Trix Stubben se farcir son grand frère bruyant et ivrogne. Son imagination forma une image : Trix habillée comme une femme de la prairie avec un bonnet, se tenant sous le porche de Big Basin avec le bras levé d’un air dramatique alors qu’elle cherchait son mari infidèle, avec derrière elle les nuages qui s’amoncelaient avant une tornade imminente… Il émit un petit rire.

Eric frappa Jeremy à l’arrière de la tête et lui lança un regard mauvais.

— Nous n’aurons aucunement besoin de tes méthodes prétentieuses là-dedans, Jeremy Monroe Crassen ! dit Mabe.

Il leva les mains en reddition.

— Ne t’inquiète pas. Je ne m’en mêlerai pas.

Ne pas s’en mêler était ce qu’il faisait de mieux. De plus, il ne croyait pas une minute qu’Eric réussirait à piéger Trix Stubben.

— Oh si, tu vas t’en mêler, dit Mabe, une lueur diabolique dans le regard. Nous avons besoin de toi pour que ça fonctionne ! Je ne suis pas la seule personne à avoir des yeux dans cette ville. Le vieux Berk Ramsey a déjà son fils, Chris, qui traîne autour de Trix. Enfin, Trix n’épousera pas de Ramsey. Pas alors que j’ai deux fils séduisants !

Jeremy étudia le visage de sa mère, essayant de comprendre d’où ça venait. Elle était fière et n’avait jamais accepté une once de charité de sa vie. Maintenant, elle en avait après un des ranchs les plus beaux du coin ? Ça n’avait pas de sens. Il y avait quelque chose qu’elle ne disait pas. Peut-être qu’elle essayait simplement de changer Eric en lui donnant une motivation indispensable.

— Bon, ce garçon, Chris, n’est pas moche, même s’il n’arrive pas à la cheville d’Eric, continua Maman. Mais il a l’avantage d’avoir un diplôme universitaire, et les Ramsey possèdent le Merc. Donc nous devons écarter Chris de la course. Heureusement…

Elle marqua une pause pour un effet dramatique.

— … je crois bien que Chris est plus exotique qu’un billet de trois dollars. Et toi, Jeremy, tu vas le prouver. Tu vas séduire cet homme et montrer à tout le monde dans cette ville ce qui tartine son pain.

— Quoi ? s’exclama Jeremy en s’éjectant de sa chaise, repoussant presque leur table de cuisine. C’est… c’est dingue !

— Oh non, ça l’est pas, dit Mabe en gardant son calme.

Elle reprit son mug de café et en prit délicatement une gorgée.

— Dis donc, je croyais que c’était grave pour moi ! dit Eric en pouffant de rire. Je suis content de ne pas être toi !

Jeremy donna un coup de pied fraternel sur le côté de sa chaise.

— D’abord, Maman, qu’est-ce qui te fait penser que Chris Ramsey est gay ? Tu viens juste de dire qu’il sort avec Trix.

Mabe fit une grimace signifiant « oh bah ».

— Tout le monde sait que les gays peuvent se marier et le font. Tu te rappelles la manière dont Gibbon Adams s’habillait comme un Liberace [1] cow-boy ? On dit qu’il avait même des paillettes sur sa chemise de nuit. Sa femme a tout de même réussi à avoir six rejetons. Vous savez ce qu’on dit : la nuit tous les chats sont gris.

— Oh mon Dieu, gémit Jeremy, en se frottant les yeux.

Il n’arrivait pas à croire que sa mère avait en fait une philosophie sur les hommes gay. Une qui impliquait du sexe et… le noir… et des paillettes. Il se sentait sali.

— Enfin bref, ce Chris a toujours été plus soigné que n’importe quelle fille que j’aie jamais vue, continua Maman avec enthousiasme. Ses dents sont si blanches, elles pourraient t’aveugler. Ce n’est pas naturel.

— Maman, être tatillon sur son apparence ne le rend pas gay, dit Jeremy avec exaspération. Et même s’il l’était, il me serait absolument impossible de séduire Chris Ramsey.

Elle s’avança sur sa chaise avec enthousiasme.

— Bien sûr que tu peux ! Tu n’es pas aussi beau qu’Eric, mais quand tu enlèves ces satanés cheveux de tes yeux, tu es plutôt charmant.

Il y avait une touche d’amusement dans ses yeux alors qu’elle le regardait. Ce que ça, c’était, Jeremy n’en avait aucune idée. Elle manigançait quelque chose. Et il ne s’agissait pas simplement de Big Basin Ranch.

— Maman, dit Eric doucement. Jeremy est trop timide, et tu l’sais.

Elle émit un « pfft ».

— Jer, c’est toi qui de vous deux es le cerveau, dit-elle en faisant un geste entre lui et Eric. Je sais que tu peux le faire si tu t’en donnes les moyens. Prétends simplement que tu es – comment appelles-tu ça ? – un personnage d’une de ces histoires que tu gribouilles tout le temps. Joue un rôle. Garde tes cheveux en arrière et laisse-le voir ton doux sourire, et tu n’auras pas du tout de problèmes.

Jeremy repoussa timidement sa longue frange derrière ses oreilles, même si ce qu’il aurait vraiment voulu faire c’était se cacher encore plus derrière. Il échangea un regard avec Eric. Dieu tout puissant, frangin, comment se sort-on de cette histoire ?

Elle leur lança un regard déterminé par-dessus la table.

— Maintenant, écoutez-moi. Nous allons faire ça ensemble, comme une famille, et nous allons réussir. Eric, tu ne deviendras jamais quelqu’un, donc tu dois te caser avec une femme active qui peut s’occuper d’toi. Et je ne peux pas continuer à nettoyer la maison et à laver le linge pour toujours. Vous savez que notre nid n’a pas un seul œuf dedans. Quant à toi, Jeremy, tu veux aller à l’université, nan ? Tu aides ton frère à se marier avec Trix Stubben, et tu n’auras plus jamais à t’inquiéter de nous soutenir financièrement.

Elle lui sourit alors, comme si elle savait qu’elle avait gagné. Et bon sang, elle le connaissait sur le bout des doigts, tous les dix. Jeremy sentit quelque chose en lui plier, en tout cas un peu.

Il ne dit pas qu’il le ferait, pas même à lui-même. Mais peut-être, juste peut-être, qu’il pourrait au moins jeter un coup d’œil plus appuyé à Chris Ramsey.

 

 

Jeremy dut sortir de la maison après avoir entendu le plan dingue de sa mère, donc il se rendit chez Nora en avance. Il s’assit dans son box favori, celui qui donnait sur le mur du fond où les employés traînaient quand ils avaient le temps.

Nora lui apporta un café et une part de tarte à la myrtille.

— Tu es en avance, petit piment, fit-elle remarquer, soulevant un sourcil inquisiteur vers lui.

— Maman, dit Jeremy, ce qui était une explication suffisante pour Nora.

— Tu veux en parler ?

— Sûrement pas.

Nora sourit.

— Très bien, mon sucre. Je suis là si tu changes d’avis.

Elle retourna à son service, qu’elle faisait essentiellement seule jusqu’à ce que Francie arrive à quinze heures, quand l’école finissait.

Nora était ce que Jeremy préférait dans son travail au diner. Il était sacrément chanceux qu’elle lui ait donné une chance. Étant le troisième Crassen à se présenter dans cette ville, Jeremy avait été considéré comme un bon à rien avant même de commencer.

L’usine d’emballage de viande, par exemple. C’était le plus grand employeur dans la région qui ne requerrait pas un diplôme universitaire. Mais après que son père, puis Eric, les eurent laissé tomber auparavant, ils avaient jeté un coup d’œil au nom de Jeremy et lui avaient dit « merci, mais non merci ».

Pas que Jeremy mourait d’envie de travailler à l’usine d’emballage de viande. L’idée le dégoûtait, en fait, et il était certain qu’il détesterait ça autant que son père et son frère. Mais c’était le travail qui payait le mieux en ville, et il avait besoin de gagner autant d’argent que possible s’il voulait aider sa mère à payer ses factures et économiser aussi pour l’université.

À la place, Nora l’avait embauché. Il avait travaillé en tant que commis et plongeur durant le lycée, et même serveur à l’occasion. Quand elle avait appris pour le refus de l’usine d’emballage de viande, elle lui avait demandé s’il voulait se former en tant que préposé aux petites commandes. Eduardo n’allait pas en rajeunissant et n’aimait plus travailler sur de longs services, alors il avait formé Jeremy, et maintenant il faisait le service du matin et Jeremy gérait la cuisine de treize heures à la fermeture à vingt heures.

Ce n’était pas comme si Jeremy avait le rêve de devenir chef, ou un talent particulier pour ça. Mais les repas du diner n’avaient rien de sophistiqué et l’endroit était suffisamment fréquenté pour le forcer à rester concentré la plupart du temps. Et quand c’était plus calme, il pouvait penser à des intrigues, des scènes et des personnages tout en retournant des steaks hachés. Ça lui plaisait.

Mais alors qu’il savourait l’incroyable tarte aux myrtilles de Nora, il ne pensait pas à ses histoires. Il pensait à sa mère et à Chris Ramsey.

Il pensait au fait que lui, Jeremy, était gay, même si pas une seule personne de Clyde’s Corner ne le savait. Ce devait être une pure coïncidence que sa mère ait trouvé cette idée. Pas vrai ? Elle n’avait pas de soupçons. Personne n’avait de soupçons.

Mais bon, personne ne pensait vraiment à Jeremy Crassen.

Pourrait-il le faire ? Pourrait-il séduire Chris Ramsey ?

C’était une idée stupide. Jeremy était puceau, pour l’amour de Dieu. Il ne connaissait aucun autre gay en ville – enfin, aucun qui n’était pas déjà en couple, comme Joshua et Ben. Et il n’avait pas eu assez d’audace ou n’était pas assez désespéré pour passer par une rencontre en ligne. En plus, il était du genre à rester dans son coin. De plus, il était un préposé aux petites commandes sous-payé et un Crassen – pourquoi qui que ce soit serait-il intéressé par lui ? Et encore en plus, Chris Ramsey pourrait ne même pas être gay. Ce n’était pas comme si sa mère pouvait le savoir.

Chris avait été dans la classe de Trixie et de John. Ils étaient en dernière année lorsque Jeremy était en troisième au Lycée de Clyde’s Corner [2]. Jeremy se souvenait que Chris était très mignon, avec des cheveux bruns et une carrure svelte, toujours classe, bien habillé et populaire aussi. Il aurait tout aussi bien pu être un dieu comparé à Jeremy, qui était un solitaire à cet âge-là. Bon sang, à n’importe quel âge. Il n’avait même pas eu son frère aîné dans le coin pour lui tenir compagnie à ce moment-là, puisque Eric avait été diplômé l’année avant que Jeremy commence le lycée.

De ce que Jeremy se souvenait, Chris avait été ami avec John Stubben. John et Trix étaient un couple vedette, faisaient partie de la « bande des vaches » – les enfants des ranchers. Mais le père de Chris n’était pas un rancher. Non, Berk Ramsey possédait le plus grand magasin de la ville, le Merc. Ce qui signifiait que les Ramsey étaient riches.

Jeremy n’avait jamais perçu de vibrations gay chez Chris, mais bon, ce n’était pas comme s’ils s’étaient déjà parlés. Ou si Chris savait que Jeremy existait.

Prétends que tu es un personnage d’une de ces histoires que tu gribouilles tout le temps.

Le pouvait-il ? Si Jeremy pouvait être n’importe qui, il serait Gary Prince, un magnifique blond sociable de son premier roman, un roman qui nourrissait maintenant les termites dans le tiroir du bas de son bureau. Gary avait été basé sur Ben Rivers. C’était un cow-boy, très masculin, sûr de lui, et élégant. Gary Prince était sexy.

Il s’imagina Gary Prince, en bottes et avec un Stetson, flânant dans le Mercantile avec un sourire à mille watts et saisissant Chris autour du cou. Ils feraient quelques pas en traînant les pieds, comme dans Brokeback Mountain. Puis Gary embrasserait Chris tellement fort qu’il se retrouverait couché sur le tapis de la caisse.

Jeremy se toucha les lèvres. Que ressentait-on à embrasser un homme ? Sa seule expérience avait été d’embrasser Mary Lou Hengler à une fête de terminale. Il avait fermé les yeux et fait semblant que c’était un garçon, mais son rouge à lèvres avait un goût désagréable et sa poitrine refusait de respecter son espace personnel.

Nora vint remplir sa tasse, et Jeremy lui lança un sourire de Gary Prince.

— Merci, chérie. Tu es rudement jolie aujourd’hui !

Nora le regarda comme s’il était devenu fou.

— Qu’est-ce qu’tu fumes ? Peu importe. Quoi que ce soit, ça me plaît.

— Je ne fais que planer sur ta beauté na-tu-re-lle.

Les yeux de Nora s’écarquillèrent de manière comique.

— Vraiment ? Eh bien, cette nouvelle tunique violette est ravissante, si je peux me permettre. Tu as encore une heure avant ton service. Tu veux prendre ton déjeuner ? Puis tu pourras me complimenter encore un peu.

— Non. Je pensais à faire une promenade jusqu’au Merc.

— Ah, oui ? Tu as besoin d’aller chercher quelque chose ?

— Pas encore. Je ne fais que tâter le terrain, dit Jeremy sérieusement.

Il lissa sa longue frange de ses doigts et la repoussa derrière ses oreilles. Il se frotta le visage à la recherche de miettes de tarte errantes et leva les yeux vers Nora d’un air interrogateur.

— Bien ?

Nora lui prit légèrement le menton entre ses doigts, et ses yeux devinrent tendres.

— Mon sucre, tu es joli comme une peinture. Ce n’est pas toujours ce que je dis ? Qui est la chanceuse… enfin ?

Gary Prince fit un clin d’œil à Nora et se glissa hors du box sans répondre. Derrière la façade, Jeremy Crassen tremblait comme une feuille.

 

 



[1] Liberace : pianiste américain de music-hall, reconnu pour sa virtuosité démonstrative. Il cultivait une image très kitsch, autant sur scène que dans sa vie privée. Un de ses objets fétiches était le candélabre.

[2] Aux États-Unis, le lycée dure 4 ans, et non 3 comme en France.