Prologue

 

 

LA NUIT, on n’entendait ni le bruit des oiseaux ni celui de la pluie, ou de la douce marée lointaine aux abords de Miramar. Il pouvait donc penser. Il pouvait ignorer le cliquetis inconsolable des perles de Maria et les questions incessantes d’Alberto, et il pouvait être en paix avec lui-même, au moins un petit moment.

Señor Fernando Peron Juan-Martìn Perez De Cuellar était un homme d’une taille inhabituelle, avec un visage tout aussi inhabituellement triste ; son maintien, comme disaient les voisins, rappelait la force et la carrure d’un roi. Cette carrure était désormais évidente, penché ainsi sur une pile de papiers froissés dans son bureau, la porte fermement verrouillée derrière lui. Maria et Alberto étaient tous deux endormis, ils avaient renvoyé tous les serviteurs plus tôt dans la semaine, et le jardinier était parti depuis longtemps. Il n’y avait, enfin, plus personne pour l’entendre.

Il ouvrit soigneusement la boîte en acajou et en sortit l’un des pistolets de duel de son grand-père. Il ramassa l’arme d’une main, et de l’autre, la nettoya avec révérence, polissant la surface avec la même concentration qui imprégnait tout ce qu’il faisait. Il essuya la gâchette en dernier et y passa le plus de temps, parce qu’il ne pouvait y avoir aucune erreur. Rien ne pouvait être ignoré ; il n’y avait aucune place pour la faute. Il n’y avait, enfin, plus nulle part où aller.

Señor Fernando Peron Juan-Martìn Perez De Cuellar pencha soigneusement le pistolet, et plaça le canon dans sa bouche, puis se fit sauter la cervelle, éclaboussant le mur.

À des milliers de kilomètres de là, un homme aux yeux sombres à bord d’un train à destination de Londres se réveilla en sursaut, un cri mourant dans sa gorge.

 

 


I

 

 

Londres, 1891

 

— ALLONS, ALLONS… ne continue pas comme ça, mon beau bébé… plus que trois, c’est une gentille fille, ça.

La vieille femme rassembla les coupures d’ongles et les fit glisser dans une enveloppe qu’elle lécha ensuite de deux ou trois coups de sa grande langue, tandis que la jeune fille frissonnait et pleurait derrière elle. Il était presque midi et il faisait jour dehors, mais la chambre en elle-même était sale, les fenêtres soigneusement peintes pour obscurcir la vue de Harley Street, en contrebas. La vieille dame s’engagea dans l’escalier en marmonnant, laissant la jeune femme seule.

La fille, bien sûr, ne disait rien ; les cinquante centimètres de bure épaisse l’empêchaient de parler, tout comme les bracelets en métal autour de ses poignets et de ses pieds la gardaient solidement attachée à sa chaise. Elle regarda la vieille femme partir et lutta sans bruit pour se défaire de ses liens. Les talons de ses chaussures tambourinèrent sur le sol, exprimant sa frustration, et elle se redressa vivement, se fit dessus, et s’évanouit.

Quand la lumière vive de l’après-midi déclina, la vieille femme revint, fronçant le nez en sentant la puanteur.

— Tu as été une méchante fille, n’est-ce pas ?

Elle agrippa une pleine poignée des cheveux noirs de la jeune fille.

— Chier dans tes vêtements ! On croirait une pute, une petite pute de merde.

Elle frappa le visage de la jeune femme. Miriam, car c’était son prénom, cria malgré son bâillon, s’étouffant sur le tissu moisi et l’odeur de sa propre crasse.

 

 

PHILEMON RAFT sortit de l’ascenseur et resta parfaitement immobile un moment, son cœur battant à tout rompre. Il allait bien. Il n’allait pas s’évanouir ou s’enfuir en criant ou toutes ces autres choses que faisaient soi-disant les gens hystériques, si c’est ce qu’il était désormais. Freddie Crook, son constable [1] et son ancien amant, était toujours en Argentine. Il manquait toujours horriblement à Raft, et il ne pensait pas que cela changerait de sitôt.

« Une année entière, Freddie. Que vais-je bien pouvoir faire ? »

Il s’était lui-même préparé à ne pas s’attarder trop longuement sur le quai, à ne pas toucher Freddie hormis pour une embrassade de pure forme et une tape dans le dos. Freddie était en Amérique du Sud depuis près d’un an, et même maintenant, Raft se surprenait toujours à se retourner pour dire quelque chose au constable, s’attendant à ce que Freddie se trouve près de lui, comme par le passé.

— Eh bien, pour l’amour de Dieu, si ce n’est pas l’inspecteur Raft !

La grande carrure de Pontius Doyle, préposé à la morgue et rat de laboratoire, émergea d’un placard à documents, portant une liasse épaisse de papiers à la main. Il s’arrêta à deux doigts d’étreindre Raft, et Raft en fut reconnaissant.

— Heureux de vous revoir, Monsieur !

Raft avait pris un congé prolongé après le départ de Freddie Crook. Pendant de longs mois, il s’était perdu dans le genre de travail décousu qui était habituellement le fort de son ami, l’adepte des vols de cadavres, Jeremy Hoare. Il avait offert ses services comme détective consultant et s’était occupé la plupart du temps de retrouver les ombrelles et les épingles à chapeau des vieilles dames. Il s’était imaginé qu’une année sabbatique pourrait l’aider à se remettre de ses nerfs en pelote, mais en vérité, Raft ne s’était jamais autant ennuyé de sa vie.

— Heureux de vous voir, Doyle.

Raft lui serra la main avec une pointe de soulagement.

— Où est passé tout le monde ? Ne me dites pas que l’Éventreur est de nouveau en liberté ?

— Oh, ils sont dans le coin. Sir George est en réunion avec eux dans la salle des sergents. Je suppose que vous avez entendu parler de ça ?

Raft hocha la tête.

— Miriam Dewberry. Quelle honte.

Il avait l’habitude de lire les journaux dès le réveil, mais cela n’en rendait pas les nouvelles récentes moins choquantes. Dewberry était au plus haut rang que l’on pouvait atteindre dans ce pays : il venait d’une famille très ancienne, avec une fortune tout aussi vieille. Dewberry était un Pair [2] et un membre du Parlement. Dire que quelqu’un avait eu l’insolence de kidnapper sa fille !

— Pensez-vous que cela dérangerait Sir George si je…

— Vous savez que vous êtes le bienvenu, dit Doyle. Sir George apprécierait votre opinion.

Il agita la liasse de papier.

— J’ai bien peur de devoir m’y remettre. Prenez soin de vous, Monsieur.

Il entra dans l’ascenseur que Raft venait juste de quitter et s’enfonça lentement vers le bas, hors de la vue de Raft, telle une baleine coulant dans les profondeurs de l’océan.

Raft trouva son chemin jusqu’à la salle des sergents et entrouvrit la porte. Aussitôt, plusieurs têtes se tournèrent dans sa direction. Il reconnut la tête brillante de Fred Abernathy, plus gros que jamais, et le jeune constable, Cholmondely, puis, bien sûr, Sir George Endicott.

Ce dernier lui fit signe d’entrer.

— Raft. Venez, venez. Asseyez-vous. Nous étions en train de discuter de l’affaire Dewberry.

La pièce était remplie à craquer d’hommes, certains appuyés contre le mur du fond, d’autres rassemblés près des portes. Un radiateur sifflait et tambourinait dans un coin de la pièce, essayant désespérément d’empêcher le froid de ce mois de janvier d’entrer. La salle empestait la laine mouillée, le cuir et la transpiration. Le commissaire de police Sir George Endicott, un petit homme aux cheveux de feu, se trouvait au centre de la pièce. Divers éléments liés à l’affaire étaient affichés sur un tableau derrière lui : un morceau de mouchoir, des fleurs séchées, et ce que Raft supposa être une mèche de cheveux appartenant à Miriam Dewberry. Cela lui rappela désagréablement l’affaire de l’Éventreur, avec son assortiment varié de cheveux, de boutons et de dentelles de jupons. S’il vous plaît, mon Dieu, faites-en sorte que personne ne retrouve Miriam Dewberry éviscérée dans la cour d’un équarrisseur à Whitechapel.

Abernathy indiqua une chaise libre près de lui.

— Asseyez-vous ici, Raft.

C’était un peu surprenant de voir Abernathy se montrer courtois, pour changer. Raft hocha la tête et s’installa, défaisant quelques boutons de son lourd manteau. En règle générale, Raft méprisait l’hiver et toute sa froideur détrempée, et il détestait avoir à porter autant de couches de laine.

— Comme je vous le disais, la fille de Lord Dewberry, Miriam, a disparu d’un thé dansant à Knightsbridge. La jeune femme était là une minute et la suivante, elle avait disparu.

Nous étions désormais le 26 janvier, et Raft se demanda s’il restait réellement un espoir de retrouver la jeune femme vivante. Les victimes de kidnapping n’avaient pas tendance à rester en vie très longtemps, surtout si la rançon n’arrivait pas.

— Malgré des fouilles approfondies dans les principaux quartiers de Londres, nous n’avons pas été en mesure de déterminer où se trouvait la jeune fille.

Le regard d’Endicott ratissa la salle.

— Il n’y a pas eu de demande de rançon ou autre.

L’assemblée prit une inspiration collective. Raft pouvait imaginer un grand nombre de rouages tournants dans chacun de leur cerveau. Cela expliquait peut-être l’odeur de la pièce, se dit-il.

Cholmondely fut le premier à prendre la parole.

— Donc ils n’ont pas l’intention de la rendre ? Est-ce bien ça, Monsieur ?

Endicott sembla un instant contrarié.

— Nous espérons que non, euh… ?

— Cholmondely, Monsieur.

Il était effroyablement jeune, à peine la vingtaine, avec des cheveux sombres et le genre d’yeux bleus aux longs cils qui faisaient soupirer les jeunes filles et grincer des dents de frustration les inspecteurs de police. Raft pensait que Cholmondely était probablement le genre de jeune enquêteur qui faisait se pâmer toutes les femmes, et c’était à peu près tout. Dans une situation difficile, il serait davantage un poids qu’un atout, et Dieu vienne en aide au policier qui se retrouverait avec un tel mignon à la traîne.

— Cholmondely, soupira Endicott. Je suis terriblement désolé.

Il regarda autour de lui.

— Périodiquement, à ce qui semble être des intervalles réguliers, des morceaux de la jeune fille sont envoyés à son père : des coupures d’ongles, des mèches de cheveux, et ainsi de suite. Ces… cadeaux se sont multipliés au cours des derniers jours. Hier, nous avons reçu ce que le médecin légiste a identifié comme étant de la peau morte, probablement grattée sur la plante de ses pieds, et plus tôt ce matin, un coursier a amené une petite boîte contenant un chiffon taché de sang. Qu’en pensez-vous, Messieurs ?

Raft réfléchit à la question tandis que les autres se disputaient pour se faire entendre d’Endicott.

— Depuis combien de temps envoient-ils des morceaux d’elle ? cria Roush, un sergent à l’arrière de la salle.

— Le premier morceau est arrivé au lendemain matin de sa disparition, c’est-à-dire le 3 janvier, Sergent Roush, ce qui fait un peu plus de trois semaines.

Endicott ignora le petit rire collectif.

— Je me rends compte que vous n’êtes pas très doué en mathématiques.

— Il ne doit pas rester grand-chose d’elle, alors, dit quelqu’un d’autre.

Raft repéra de larges épaules et un double menton : le constable Josiah Burley. Burley n’était pas vraiment une lumière, mais il possédait la carrure et le genre de puissance physique qui le rendaient très utile en cas de pépin.

— On pourrait probablement ranger ce qui reste dans une boîte d’allumettes ! dit Roush.

— Ça suffit, s’exclama Endicott d’un ton cassant. Ce n’est clairement pas le moment de faire preuve de légèreté. Encore un mot, Sergent, et vous vous occuperez de la circulation à Charing Cross, est-ce que c’est clair ?

— C’est clair, Monsieur, répondit Roush d’un ton boudeur. Désolé, Monsieur.

Il était très inhabituel pour un ravisseur, peu importe son mobile, de renoncer à une demande de rançon. Les cas sans rançons avaient tendance à mal finir, avec la mort de la victime, auquel cas Miriam Dewberry était pour ainsi dire fichue. Sans le vouloir, il parla à voix haute.

— Peut-être que…

— Oui ? Raft ?

Endicott releva une main devant Abernathy.

— Vous avez quelque chose ?

— Eh bien, Monsieur, elle a presque disparu depuis le jour de l’an, et pourtant il n’y a toujours aucune communication de la part des ravisseurs de la jeune femme. S’ils n’en ont pas après l’argent, alors pourquoi se donner la peine d’enlever la fille de Lord Dewberry ? S’ils l’avaient prise pour d’autres raisons…

Abernathy l’interrompit.

— Attendez une minute. Quelles autres raisons ?

Raft réprima un soupir.

— Traite des blanches, sacrifice d’une vierge, rituels religieux bizarres. Vous ne lisez pas les journaux, Fred ? S’ils voulaient simplement une fille, pourquoi ne pas kidnapper une prostituée ? Il y en a beaucoup à Whitechapel et partout ailleurs. Elles ne manqueraient à personne. Pourquoi prendre la peine de s’en prendre à la fille d’un Lord ?

Endicott s’approcha de Raft, et celui-ci s’adressa désormais à Sir George directement.

— Cela n’a aucun sens, Monsieur. Il se passe autre chose ici, et nous ne le voyons pas.

La main de Cholmondely se leva, lui donnant l’air d’un écolier ayant grandi trop vite.

— C’est un message. Ils ont pris Miriam Dewberry parce qu’elle est la fille de Lord Dewberry. Ils en ont après Dewberry.

Bon Dieu, pensa Raft. Il est intelligent, après tout, et il a gâché tout ce temps aux cellules.

— Il a raison, Monsieur.

Les oreilles de Cholmondely devinrent rouge vif comme une paire de lanternes chinoises.

— C’est simplement logique.

— Hmpf.

Ce son signifiait qu’Endicott réfléchissait, ce qu’il faisait très bien.

— Raft, je voudrais vous réintégrer le plus tôt possible, si vous êtes d’accord.

Il fit un signe vers Cholmondely.

— Vous… quel que soit votre nom…

— Cholmondely, Monsieur.

Sir George cligna des yeux.

— Épelez-le ?

— C-H-O… euh… L… M… vous voyez…

— D’accord. Cholmondely, vous serez assigné à l’inspecteur Raft à partir de maintenant. Il sera votre superviseur. Vous pouvez l’attendre dans son bureau. Cinquième étage, tournez à droite après l’ascenseur, le nom est sur la porte.

Endicott esquissa un geste de la main à l’attention des hommes restants.

— Bien, vous autres, allez-y. Je veux qu’on ratisse Belgravia et Knightsbridge, c’est compris ? Qu’on les ratisse. Ramenez-moi tout ce que vous trouvez qui puisse être lié à cette affaire. Questionnez tous ceux que vous voyez.

Raft attendit que le constable ait disparu.

— Monsieur, je ne suis pas sûr de comprendre.

Endicott pencha la tête vers l’arrière autant que possible afin de pouvoir regarder Raft dans les yeux.

— Qu’est-ce que vous ne comprenez pas, inspecteur ?

— Pourquoi la Division H enquête-t-elle là-dessus ? Je vous demande pardon, Monsieur, mais Knightsbridge n’est-il pas un peu en dehors de notre juridiction ? Si je puis me permettre, je pense que cette affaire appartient aux gars de Pimlico, pas à nous.

Endicott baissa la voix tandis que la pièce se vidait.

— Lord Dewberry est… eh bien, je le connais. Il m’a demandé de diriger cette enquête et j’ai accepté de le faire.

— Et vous m’assignez à l’affaire Dewberry, Monsieur ?

— Oui, inspecteur, cela me semble être ce que je suis en train de faire.

Endicott releva un sourcil broussailleux et ramassa ses dossiers.

— Allez vous enregistrer auprès du sergent, au bureau d’en bas. Assurez-vous qu’il sache que vous avez été réintégré.

Il se détourna pour partir, marqua une pause, puis se retourna vers Raft.

— Je suis désolé au sujet du jeune Crook, dit-il brusquement. Quel dommage, cette maladie.

— Merci, Monsieur.

Une année. Cela faisait un an, mais Raft sentait encore cette perte aussi vivement que si elle avait eu lieu hier. C’était un vieil adage, certes, mais plein de vérité. Freddie et lui avaient décidé de dire à Endicott que Freddie était parti en Amérique du Sud pour sa santé, qu’il avait contracté une fièvre obscure qui avait à son tour endommagé ses poumons, et qu’une saison dans un climat chaud et sec était essentielle. C’était plus facile et plus politiquement correct que de dire la vérité à Endicott : Freddie était parti en Argentine pour combattre une dépendance au laudanum.

— Avec tout mon respect, Monsieur, au sujet du constable Cholmondely.

Endicott le regarda.

— Qu’y a-t-il ?

— Il est un peu… si je peux me permettre, Monsieur, il est encore un peu jeune.

Entre autres choses.

— Raft, je n’ai pas de temps pour ça. La fille du Lord Dewberry a disparu et est peut-être morte. La plupart de mes hommes sont occupés ailleurs. Personne ne veut du constable Cholmondely, mais il est tout ce que j’ai de disponible pour le moment, donc il est à vous.

— Avec tout mon respect, Monsieur, je ne cherche pas vraiment un nouveau partenaire…

— Avec tout mon respect, Raft, je n’en ai rien à faire.

Endicott avança rapidement vers l’ascenseur.

Raft réprima un soupir.

— Est-ce que Cholmondely sait comment faire le thé ? demanda-t-il.

— Je crois que sa spécialité, c’est le café, déclara Endicott en entrant dans la cage d’ascenseur et en fermant la porte derrière lui. Sa mère est américaine, dont ça devrait être votre domaine.

Il plissa les yeux en le regardant.

— Vous êtes sûr que ça ira, Raft ? Je peux demander à quelqu’un d’autre, si vous préférez prolonger votre congé sabbatique…

— J’en suis sûr, Monsieur.

C’était une question sacrément stupide, mais Raft n’allait pas partager ses sentiments sur la question. Endicott pensait-il qu’il était simplement venu faire la causette ?

— Je vais m’organiser pour que les éléments de l’affaire Dewberry soient apportés dans votre bureau. Certains des gars étaient en train d’y jeter un œil.

— D’accord, Monsieur. Merci.

Ces satanés laborantins avaient probablement effacé toute trace utilisable.

— Je veux des résultats, Raft.

L’ascenseur se mit en marche, emportant Endicott.

— Dewberry est un ami à moi. Assurez-vous que ça marche.

Quelque chose de sombre et hagard passa lentement devant l’ascenseur, une forme hirsute se déplaçant lentement, en silence. La silhouette d’un jeune homme, son corps noyé et bouffi, de l’eau spectrale dégoulinant de ses vêtements.

Tu n’es pas là. Tu es mort. Tu n’es pas vraiment là.

Raft ferma les yeux et compta jusqu’à vingt. Quand il les rouvrit, le fantôme de Thomas Rennie avait disparu.

 

 



[1] En Angleterre, les constables étaient des officiers municipaux chargés de l’exécution des lois et du maintien de l’ordre.

[2] Qui possède un titre au Royaume-Uni (Duc, Marquis, Compte, Vicomte, ou Baron)