I

 

 

IL ÉTAIT en train de mourir.

— Allez, Mav, respire, lui dit une voix familière. Inspire par le nez, expire par la bouche.

Il brûlait. Les flammes le dévoraient et se rapprochaient de son cœur.

— Compte avec moi. Inspire et retient ton souffle… Un. Deux. Maintenant expire. Un. Deux.

Des visages noircis.

Des yeux morts.

— Mav, Mav, lâche-moi, chéri. Mav, tu me fais mal.

L’hélico en flammes.

— Mav !!

Le cri perçant traversa le nuage de poussière qui couvrait le désert ; une bonne odeur de café vint lui chatouiller les narines (attends, quoi ? Du café ? ). Il prit une grande inspiration et l’air que ses poumons lui réclamaient vint alimenter tout son corps. Il ouvrit les yeux. Il était dans le salon de chez sa sœur ; sur la cheminée en pierre, il y avait plein de photos de sa nièce, bébé d’abord, puis de tous les âges, jusqu’à sa première année de lycée. Et puis, une nouvelle photo. Il ne l’avait jamais remarquée auparavant. Une photo de lui, marchant sur le tarmac, il y a cinq ou six ans de cela. Tout le monde en tenue de vol. Cass et lui étaient en train de rire à une blague que Charlie venait de faire. Dans la chaleur écrasante du désert somalien, ils auraient été plus confortables en short, mais l’armée n’aurait certainement pas apprécié. Sa sœur avait dû trouver la photo par hasard et elle l’avait posée sur la cheminée sans arrière-pensées, mais c’était suffisant pour ouvrir une brèche en lui, le renvoyer à ce bordel qu’était sa vie. Il y avait des jours qui étaient plus difficiles que d’autres.

Il n’avait pas réalisé que la télé était allumée, le volume à fond ; il concentra son regard jusqu’à ce que Jamie vienne couper le son. Il leva les yeux vers son visage inquiet. Non, son visage gêné tandis qu’elle se frottait le bras. Oh non.

— Jamie, je suis tellement désolé.

Ses doigts avaient laissé des traces furieuses sur sa peau pourtant déjà sombre autour de son poignet.

— Bon sang, dit-il à voix haute, en essayant de se relever.

Elle posa doucement une main sur son épaule, pour le freiner dans son mouvement, et elle sourit, ses grands yeux bruns inquiets posés sur lui.

— C’est de ma faute, je n’aurais pas dû essayer de te réveiller aussi brusquement.

Son regard glissa vers la bouteille de Jack à moitié vide et vers le tumbler [1] qui contenait encore quelques gouttes de whisky. Elle poussa un petit soupir défaitiste ; sans l’entendre vraiment, il le perçut.

Il avala sa salive ; elle avait ce goût amer de l’alcool de la veille et de la peur. Sa gorge était sèche ; il tendit la main vers la tasse de café qu’elle avait posée sur la petite table basse. Il s’abstint de répéter à quel point il était désolé : le mot, comme le whisky, avait l’arrière-goût du remâché.

— Mav, j’ai besoin que tu me rendes un service, dit Jamie.

Il fut brusquement saisi d’un sentiment de honte. Cela faisait un mois qu’il dormait sur le canapé chez sa sœur – non, trois mois en fait : depuis qu’il avait arrêté sa thérapie et fait une croix sur ses bonnes intentions qui, de toute façon, n’allaient jamais pouvoir le faire revenir à ce pour quoi il était fait, à un sentiment de complétude. Jamais sa sœur n’avait émis la moindre critique. Jamais elle ne lui avait rien demandé, à part de faire attention à laisser le whisky hors de portée de Melanie, sa nièce de dix-sept ans. Ce n’était pas comme si Melanie avait jamais des velléités de s’approcher de lui, d’ailleurs.

Une enfant sensible.

Exactement comme sa mère.

Mais Jamie et Melanie étaient toutes les deux en difficulté depuis que leur bon à rien de mari et père avait décidé qu’une femme et un enfant ne lui suffisaient plus. Il était parti faire sa crise de la quarantaine dans un coin ensoleillé, du genre d’Aruba, sur la plage, avec une gamine de vingt-quatre ans du nom de Tracy, ou Terry, ou tarte, comme avait dit Melanie une fois.

Son cerveau analysa la demande de Jamie tandis qu’il buvait son café, ou l’inhalait quasiment. Ce n’était pas comme s’il était capable de faire grand-chose, et si ce qu’elle voulait lui demander impliquait de prendre un rendez-vous chez un thérapeute ou d’aller à une réunion des Alcooliques Anonymes – il n’était pas encore tout à fait alcoolique, mais dans un petit mois, il devrait y être – Jamie allait être déçue.

Il sentit la caféine irriguer tout son corps. Pas tout à fait assez pour faire complètement disparaître l’alcool, mais au moins il ne voyait plus de désert de sable. Ni de corps…

— J’ai besoin d’un service, petit frère, répéta Jamie.

Mav fit un petit grognement inaudible. Vraiment ? Elle allait jouer la carte du « petit frère » ?

— Tant que tu n’as pas besoin que je te fasse les courses.

Le sarcasme atteignit sa cible, encore plus blessant que s’il l’avait tiré avec son Beretta 9mm de service, et il ne put s’empêcher de grimacer en voyant l’expression de Jamie quand la blague la heurta en pleine face.

— C’est méchant, répliqua Jamie.

Mav, avec un détachement intéressé, regarda sa sœur qui était sur le point de finalement perdre son sang-froid ; il avait l’impression que depuis leur plus tendre enfance, il s’efforçait de la pousser jusque-là.

— J’ai besoin que tu me rendes un service. Un seul.

Cela faisait trois mois qu’il était là, et c’était la première fois qu’elle lui demandait quoi que ce soit. Il fallait qu’il sache de quoi il s’agissait.

— Dis-moi.

— J’ai besoin que tu prennes un air compétent et que tu viennes au travail avec moi et que tu t’assoies derrière un bureau.

— Non.

Mav s’entendit refuser avant même d’avoir eu le temps d’y réfléchir.

— Tout le monde s’en fiche, Mav.

Il n’y avait aucune colère dans la réponse de Jamie.

Moi, je ne m’en fiche pas. Il voyait bien comme les gens détournaient les yeux, comme ils lui parlaient à toute vitesse pour ne pas avoir à le regarder en face – ou plutôt, ne pas avoir à regarder sa face toute pleine de cicatrices. Même les docteurs, quand ils lui parlaient, avaient l’air de vouloir débiter leurs mauvaises nouvelles le plus vite possible. Certains d’entre eux n’arrivaient pas à le regarder dans les yeux. Mais Jamie n’y était pour rien.

— Pourquoi faut-il que je prenne mon air compétent ?

La honte consuma ses nerfs jusqu’à ce que sa culpabilité ait un goût de cendre au fond de sa gorge. Avant, il n’avait jamais eu besoin de prendre un air compétent. Il était pilote de l’US Air Force ; la compétence, cela allait de soi.

Maintenant, il était juste handicapé.

— Parce que je dois m’occuper de transmettre des papiers judiciaires, et Aaron Malloy est en ville en ce moment. Je sais de source sûre qu’il va aller rendre visite à la fille avec qui il n’arrête pas de se séparer et de se remettre, au Blue Room. Cela va être ma seule chance.

Cette fois, c’est Mav qui fronça les sourcils en regardant l’heure sur son téléphone. Il était déjà cinq heures passées. Cela ne lui faisait vraiment pas plaisir que Jamie travaille comme huissière, mais puisque Simon – son bon à rien d’ex-beau-frère – avait abandonné sa famille et plaqué la petite agence qu’ils tenaient ensemble, elle n’avait pas le choix. Malheureusement, ce salaud avait vidé leurs comptes joints en allant à l’aéroport, y compris celui qui devait servir à financer les études de Melanie. Et même si elles n’avaient plus d’hypothèque à payer, sa sœur avait tout de même besoin d’avoir de quoi vivre, et Melanie avait besoin de pouvoir faire des études.

— Tu ne peux pas décaler le rendez-vous, tout simplement ?

En guise de réponse, Jamie lui fit son regard de « maman jusqu’à ma mort », et s’assit sur le canapé. Il fit un grincement inquiétant. Jusqu’à récemment, la pièce avait été réservée à Melanie quand elle voulait voir ses amis et que Jamie ne voulait pas qu’ils soient en haut dans la chambre de Melanie, mais depuis que Mav était venu vivre avec elles, il s’était approprié les lieux. Cela ne dérangeait pas Melanie, au contraire : cela lui donnait une excuse pour faire monter ses amis dans sa chambre, et maintenant, sa mère ne pouvait plus rien dire. En plus, la pièce était juste en face des toilettes du bas et de la petite douche, que Mav n’utilisait pas autant qu’il devrait.

Jamie fronça le nez, comme si elle venait de lire dans ses pensées.

— Il faut que tu aies l’air adulte. On m’a recommandée à un nouveau client potentiel et, si je veux mettre l’agence sur les rails, il me faut toute l’aide que je peux trouver. Et même moi, je n’arrive pas à faire deux choses à la fois.

Mav laissa passer la petite pique et demanda :

— De qui s’agit-il ?

Jamie se tourna vers la télé dont elle avait coupé le son. Elle prit la télécommande et monta à nouveau le volume. Il la regarda, surpris. Les images étaient la rediffusion d’un fait divers survenu plus tôt.

— Sais-tu qui c’est ?

Il regarda l’extrait d’interview, juste après des images d’un concert ; il avait reconnu le groupe.

— Tout le monde sait qui sont les Six Sundays. Qui ils étaient, je veux dire.

Sur l’écran on voyait désormais le visage du chanteur du groupe, Deacon Daniels (c’était un pseudonyme qu’il utilisait à l’époque). Mav se rappelait vaguement de l’histoire de sa carrière qui avait implosé et de la séparation du groupe. Beau gosse, c’est sûr, mais Mav aurait parié que pour avoir des yeux aussi bleus il devait porter des lentilles de contact. Et il avait la peau tellement blanche que c’était évident qu’il était maquillé. Un imbécile. Mav le classa sans suite.

— Qu’est-ce qu’il a encore fait ?

— D’après sa chargée de communication – c’est Shirley Maplin, une de mes meilleures amies – il n’a absolument rien fait.

— Je croyais qu’il avait eu un accident, ou…

— Non, c’était la femme qui le harcelait ; en tout cas, c’est ce qu’ils ont cru à l’époque. Les problèmes remontent à environ un an. Ils venaient de sortir leur premier hit. Ils avaient été signés chez Sony et préparaient un concert à Nickelodeon. Et puis il y a eu cette journaliste qui a fait un grand reportage sur Deacon et qui a découvert que son frère aîné (il avait cinq ans de plus) était mort récemment d’une overdose. Sony les a plantés, le concert au Nickelodeon a été annulé. Ils ont poursuivi les membres du groupe pour rupture de contrat…

— Pourquoi ? interrompit Mav, qui trouvait que ça se compliquait trop et que le café ne lui suffisait pas.

Son regard s’égara vers la bouteille de Jack.

— Parce que la journaliste suggérait qu’il y avait un lien entre Deacon et la drogue. C’était dans les petites clauses du contrat. En gros, s’ils font quoi que ce soit qui nuit à l’image du groupe dans les deux ans après la signature, ils sont poursuivis individuellement et doivent rembourser l’argent investi pour la promotion. Entre ça et les frais de justice, qui sont de l’ordre de dizaines de milliers de dollars, c’est suffisant pour les ruiner tous. Les membres du groupe sont tous tombés à bras raccourcis sur Deacon. Ils espéraient que s’ils prenaient leurs distances avec lui, Sony accepterait de reconsidérer les choses, mais apparemment, c’était surtout Deacon qui intéressait la maison de disques.

Mav secoua la tête. Il était où, le temps du sex, drugs et rock’n’roll ? Bon sang, il se sentait vieux.

— C’est un groupe pour préadolescents, dit Jamie, l’air sérieux. En gros, c’est le nouveau groupe de consommateurs qui dépense le plus dans l’industrie de la musique, mais dans la mesure où ce sont principalement leurs parents qui crachent l’argent, tous les groupes destinés au marché adolescent doivent être absolument nickel.

— Et l’histoire de harcèlement ?

— Ce serait son imbécile d’agent, apparemment, qui aurait monté une histoire compliquée de harcèlement pour essayer de lui gagner la sympathie du public et tenter de faire ressusciter le contrat avec Sony. Et puis c’est parti complètement hors de contrôle et une femme s’est rendue à la police.

— C’était il y a combien de temps, tout cela ?

— L’année dernière. Mais toute l’histoire est de nouveau partie en vrille vers novembre dernier quand cette femme est allée se « confesser » et qu’elle a fait en sorte que les journalistes lui collent au derrière.

— Et c’est là qu’elle a fait une sortie de route avec sa voiture ?

Mav essayait de se souvenir de l’histoire mais, sept mois plus tôt, il n’avait pas été en état de se souvenir de quoi que ce soit.

— Oui, avec son fils d’un an dedans.

Jamie regarda la télé d’un air triste.

— Ils sont morts tous les deux dans l’incendie de la voiture. Bref, les médias ont tous accablé Daniels, en disant qu’avec la fausse histoire qu’ils avaient montée, cette femme était morte.

— Et nous, où devons-nous intervenir là-dedans ?

— Tu sais bien. Nous avons un ami en Oregon qui a monté une agence aussi, des services administratifs au départ, comme nous, mais qui a ensuite évolué vers d’autres trucs. La protection personnelle, la sécurité privée. C’est un ancien de l’armée et il a énormément de contacts. Bref, l’an dernier, il a dit à Simon qu’il pourrait facilement nous filer quelques trucs…

— Mais tu n’as absolument aucune compétence en…

Oh non. C’était de lui qu’elle voulait parler. Il avait oublié que c’était leur projet de départ, et eut le vague souvenir d’une discussion un soir où il était de passage en permission. Il était ivre. Il s’était enthousiasmé pour le projet et avait fait la liste de ses copains susceptibles d’aider. Évidemment, c’était avant que son monde n’explose. Le projet avait été d’intégrer un service de protection à leur agence. Mav n’avait aucunement l’intention d’aller faire le vigile dans les supermarchés, mais c’était dans ce secteur qu’il avait prévu de se reconvertir lorsqu’il quitterait l’Air Force au bout de vingt ans – sauf que les choses ne s’étaient pas du tout passées comme ça.

— Je suis désolé, dit-il.

Et j’ai soif. Il fixa le verre vide sur la table.

— J’ai l’impression que je passe à côté d’un élément. Il n’a pas besoin d’un service juridique, et il n’a pas besoin de protection. Il a peut-être besoin d’un meilleur avocat, si ce n’est pas trop tard, mais pourquoi a-t-il rendez-vous avec toi ?

— Daniels est allé au commissariat la semaine dernière et a fait état de ce qu’il croit être un autre harceleur.

Jamie fronça le nez, montrant clairement ce qu’elle en pensait.

— Et les flics, qu’est-ce qu’ils en disent ?

— Ils se sont marrés et ils l’ont mis à la porte du commissariat, soupira Jamie. Tout le monde croit que Daniels essaie d’utiliser la même ficelle que précédemment.

— Mais ce serait complètement idiot, non ?

— Oui, approuva Jamie. Et d’après ce que me dit Shirley…

— Tu lui fais confiance ?

— Elle a du boulot pour lui, des lectures de livres audio, c’est un gros filon. Si ça marche, il pourrait faire des voix dans des pubs. Apparemment, il a une très belle voix quand il parle, aussi belle que quand il chante. C’est vraiment une super opportunité pour lui, mais s’il veut avoir la moindre chance de relancer sa carrière, il faut que tout cela se règle rapidement, et donc qu’il se tienne hors de la lumière des projecteurs.

— Quand tu dis « que cela se règle rapidement », tu veux dire quoi exactement ? Ce n’est pas une agence de détectives que tu tiens, frangine.

Il y avait un peu d’amusement dans la voix de Mav.

Jamie leva les yeux au ciel.

— Shirley pense qu’il souffre du stress.

Là, Mav comprit.

— Elle croit que cela aussi, il est en train de l’inventer ?

Merveilleux. Daniels était une espèce de diva en manque d’attention, qui ferait n’importe quoi pour l’obtenir.

— Elle veut que nous lui tenions la main quelques jours. Je sais que nous ne sommes pas encore officiellement dans la protection, mais elle a besoin de quelqu’un de discret.

Cela n’était pas idiot. Jamie avait été dans la police pendant six ans avant la naissance de Melanie et encore douze ans après. Avoir une famille et une agence ne l’avait jamais empêchée d’aller à la salle de sport ou de courir ses marathons préférés.

— Et tu es sûre que ce n’est pas vrai, ces histoires ? Cela fait longtemps que tu n’as pas été dans le business de la protection du citoyen, frangine.

Jamie sourit.

— Je sais bien. Ils ont juste besoin de quelqu’un qui donne le change. Il ne s’agit pas de courir après un suspect ou quoi que ce soit du genre.

— Ce n’est pas comme si j’étais en mesure de le faire de toute façon, murmura Mav.

Jamie le regarda droit dans les yeux.

— Tu ne crois pas que tu as assez donné dans l’auto-apitoiement ?

Elle eut un petit sourire.

— Et en plus, je trouve que ça te donne un air badass.

Plutôt un air de Freddy Krueger, pensa Mav, et il se retint de toucher les cicatrices de brûlure qui lui mangeaient le cou et la mâchoire.

— Shirley m’a promis une somme considérable pour deux jours de travail, parce qu’elle me fait confiance pour ne rien laisser fuiter, poursuivit Jamie. S’il est encore là quand je reviens, je prendrai le relai si tu veux.

Mav se demanda si Jamie disait ça parce qu’elle voulait vraiment passer à autre chose, ou juste parce qu’elle avait trouvé un moyen de lui faire se bouger le cul. Mais de toute façon, il lui devait bien ça.

— Redis-moi ce qu’il faut que je fasse ?

— Il faut que tu te rases, que tu te douches et que tu t’habilles, pour commencer, dit Jamie avec raison. Ensuite, j’ai besoin que tu viennes avec moi au bureau, que tu le rassures et obtiennes de lui quelques détails.

Mav inspira un grand coup. Il essayait de ne pas trembler en tenant sa tasse de café.

— Tu as besoin d’aide ? demanda Jamie doucement.

Il secoua la tête et posa les mains sur sa jambe.

Celle en plastique.

C’était à cause d’elle qu’il n’était plus dans l’Air Force, à servir la nation. C’était à cause d’elle que tout ce qu’il pouvait faire pour aider sa sœur était de s’asseoir derrière un bureau. Il n’était plus en mesure de protéger qui que ce soit.

Même pas les beaux garçons aux yeux bleus.



[1] Verre à fond plat d’une contenance de 25 cl, idéal pour servir les cocktails de type long drinks.