Chapter One
JAKE
JE JETAI un coup d'œil sur le corps allongé à mes côtés, ses longues jambes, son ventre plat et son torse parfaitement imberbe. Je refermai de suite les yeux en me demandant comment diable j'avais pu me retrouver dans de tels draps. Pas littéralement bien-sûr. Ces draps étant ceux de ma chambre d'hôtel, il était bien logique que j'y ai passé la nuit. Je voulais simplement dire que j'avais du mal à saisir comment tout avait pu tourner de manière à ce que je me retrouve dans cette situation où j'aurais envie, même plutôt besoin, de toucher un autre homme, de caresser son ventre, son torse et de passer ses longues jambes autour de moi. Et pas n'importe quel homme en plus : Nate, mon meilleur ami depuis ma naissance. Et je veux dire, vraiment depuis que je suis né.
NOS mères avaient grandi ensemble dans une petite ville du sud. Elles étaient voisines en fait. Ma mère était la petite dernière d'une famille qui comptait quatre garçons. La mère de Nate était le troisième enfant d'une fratrie de huit, mais, comme ma mère, elle était la seule fille. Le besoin de fuir la compagnie des mecs les avait vite rendues inséparables. Elles étaient passées par les mêmes classes, avaient intégré les mêmes groupes de scouts et fréquenté la même église. Elles faisaient pareil pour tout. Du coup, ça n'étonna personne que la mère de Nate se fiance à peine un mois après que ma mère ne se soit fiancée à son petit copain du lycée. Elles avaient célébré leurs mariages à deux semaines d'écart, l'été qui suivit la remise des diplômes et acheté des maisons dans le même coin, juste l'une à côté de l'autre. Bien évidemment, elles avaient également décrété ensemble qu'il était temps de fonder une famille et n'en avaient parlé à leurs maris respectifs qu'après s'être mises d'accord entre elles. Et par fonder une famille, je veux vraiment dire une seule et même famille. C'est exactement dans cette ambiance que Nate et moi avons grandi, comme si nous étions les membres d'une seule famille.
Par chance, mon père était vraiment un mec facile à vivre et le père de Nate était aux petits soins avec sa femme. De toute façon, tous deux savaient dès le début où ils mettaient les pieds en commençant à sortir avec elles. Elles allaient de paire et ce n'était pas négociable. Impossible d'avoir l'une sans l'autre. C'est donc tout logiquement que ma mère perdit les eaux dès les premières contractions de la mère de Nate. Quelques heures plus tard, Nate et moi nous retrouvâmes allongés, l'un à côté de l'autre, dans nos petits couffins de la chambre que nos mères partageaient à l'hôpital.
Le docteur fit savoir à la mère de Nate que suite à un problème durant l'accouchement, dieu seul sait exactement quoi, il lui serait impossible d'avoir d'autres enfants. Du coup la mienne y renonça aussi. Un jour, je lui demandai si elle ne regrettait pas de ne jamais avoir eu d'autres enfants par respect pour son amie, ou si elle ne se disait jamais que ça serait sympa d'avoir une plus grande famille. Elle m'avait ri au nez en me répondant que nous étions six dans la famille (en incluant donc Nate et ses parents) et que c'était bien assez.
Tout ça pour dire que Nate et moi étions vraiment destinés à devenir les meilleurs amis du monde. On n'a même pas eu notre mot à dire. Mais je ne m'en plains pas du tout. Qui pourrait ne pas vouloir être l'ami de Nate ? C'est tellement facile de le trouver sympa. Aussi loin que je me rappelle, je ne l'ai jamais vu se comporter autrement qu'avec la plus grande gentillesse envers tout le monde. Il est de ceux que tout le monde aime. Quand quelqu'un lui parle, on sent tout de suite qu'il s'intéresse à la personne, qu'il lui accorde toute son attention. C'est presque toujours comme ça, sauf bien-sûr quand il se trouve que je suis moi aussi dans les parages ! Dans ce cas, il faut bien partager son attention avec moi ; après tout, il était à moi d'abord.
De toute façon, il semble toujours me sentir arriver car il me repère dès que je rentre dans une pièce, même si je ne dis rien et qu'il a le dos tourné. D'une manière ou d'une autre, il le sait et il arrête immédiatement ce qu'il est en train de faire : à la maternelle, il cessait soudain son coloriage, en primaire, il arrêtait de copier ses lettres de l'alphabet et au collège il abandonnait ses problèmes de math. Ce n'est qu'après avoir relevé la tête vers moi pour me sourire qu'il s'autorisait à reprendre ses activités.
Et ça marche dans les deux sens. Je sais également à l'avance qu'il va entrer dans la pièce où je me trouve. C'est comme si tout était vide sans lui et que soudain tout se remplissait à son arrivée. Quand il est là, tout semble être en ordre. Cette sensation m'a toujours fait lever la tête et laisser tout en plan : le cassage des jouets à la maternelle, mon apprentissage de l'écriture du mot merde en primaire ou encore le coup que je tirais avec une pom-pom girl en plein milieu d'un garage rempli de collégiens complètement bourrés. Il n'avait qu'à débarquer et me décocher son sourire enjôleur et je laissais tout en plan. Ça peut paraître vraiment bizarre, et ça l'est sûrement d'ailleurs, mais dans notre petite ville, personne ne s'en étonnait jamais. Même la pom-pom girl n'avait pas été surprise que j'arrête de la baiser pour tourner la tête vers Nate et lui sourire à mon tour avant de me consacrer à nouveau à elle et de finir le boulot. Après tout, nous étions les fils de nos mères et tout le monde savait que nous étions absolument inséparables. Et puis, c'était comme ça depuis notre naissance.
Au-delà de ce lien tout particulier, si profond que j'ai beaucoup de mal à le décrire, je dois préciser que Nate et moi avons aussi toujours été différents. Complètement différents même. Nate a la peau claire, les cheveux blonds et les yeux d'un bleu envoûtant. Moi, j'ai plutôt le teint mat, les cheveux noirs et les yeux verts. Svelte et élancé, Nate a toujours eu le physique d'un nageur, alors que moi, je suis plus baraqué avec des gros bras et des abdos en béton, même quand je n'ai pas de compétitions. Du coup, même si on est à peu près de la même taille (il fait un mètre quatre-vingt-cinq et moi un mètre quatre-vingt-treize) je pèse facilement vingt kilos de plus que lui.
Mais nos différences ne sont pas que physiques, loin de là. Comme je l'ai dit, Nate a toujours été un gentil, il est sympa avec tout le monde. Il a VRAIMENT aidé un petit chat à redescendre d'un arbre ! Un putain de chaton !! Moi je ne suis pas tellement sympa. En fait je peux même être carrément un gros connard. J'ai tendance à être assez violent et ça m'arrive parfois de vouloir taper dans quelque chose ou quelqu'un juste pour sentir la montée d'adrénaline.
Après quelques petites castagnes au lycée, les gens de notre ville ont commencé à penser que j'étais un peu taré… En fait ils ont même pensé que j'étais franchement cinglé. De toute façon, je n'en avais rien à foutre. L'opinion des autres ne m'a jamais intéressé. Seule celle de mes très bons amis, c'est-à-dire en fait seulement celle de Nate, n'a d'intérêt à mes yeux. J'ai toujours été bien trop occupé à m'entraîner (au lycée, football américain en automne, basket-ball en hiver et base-ball au printemps), à essayer de sauter des nanas et bien-sûr à traîner avec Nate, pour accorder la moindre importance à qui que ce soit.
En plus, Nate est un putain de génie. Sérieusement, même petit, il était si intelligent que c'en était flippant. L'école de notre patelin n'en avait jamais vu un comme lui. Les profs ne savaient pas quoi en faire. Il était toujours fourré au premier rang près du tableau et s'amusait avec des problèmes de math que même les profs n'arrivaient pas à résoudre. Un jour, il m'a dit qu'il voyait les nombres dans sa tête et que tout s'emboîtait sans problème. Je n'ai jamais compris ce qu'il avait voulu dire par là. Je ne vois vraiment pas pourquoi ils ne lui ont pas fait sauter de classe. D'autant plus qu'au lycée, il s'amusait à passer les tests d'entrée des universités et avait toujours des scores plus que satisfaisants. Il comprenait toutes ces questions de merde. C'est bien pour ça que par la suite il a eut tant d'offres de bourses pour aller dans les meilleurs facs.
Je ne suis pas particulièrement crétin, mais je suis loin d'être comme Nate. Par chance, j'ai toujours été très sportif et mon côté tête brûlée s'est avéré un atout sur les terrains de football, et j'ai pu moi aussi avoir des offres intéressantes pour certaines bonnes facs. Avec Nate, on a donc regardé lesquelles nous permettraient d'être ensemble et opté pour une qui offrait un excellent cursus en science tout en disposant d'une bonne équipe de football. C'est comme ça qu'on s'est retrouvés à New York quand on avait dix-huit ans.
JE ME remis à penser à nos premiers jours à New York dix ans auparavant, mais un sursaut de Nate me ramena au présent. Son sursaut suffit à faire glisser le drap et à exposer son corps nu à la douce lumière de la lune. Ses hanches, son ventre et son sexe. Sa bite longue et rose qui devient si grosse lorsqu'il bande. En fait, jusqu'à hier, je ne l'avais jamais vu en érection.
Durant toutes ces années, malgré toutes les nuits qu'on avait passées l'un chez l'autre à dormir dans le même lit, je ne l'avais jamais vu avec la gaule, et jamais je ne me serais attendu à le voir comme ça dans des circonstances aussi inattendues qu'hier soir. Putain... Hier soir ! On a toujours été proches au point de ne pas savoir où commence l'un et où finit l'autre, mais ça n'avait jamais été aussi vrai qu'hier soir, quand je l'ai léché, sucé et fait gémir.
Un simple coup d'œil à Nate et des frissons parcoururent tout mon corps à la simple évocation d'hier soir. J'avais cru un instant que son léger mouvement était le signe d'un réveil imminent, mais son souffle demeurait lourd et il ne semblait pas parti pour se réveiller. Je fermai les yeux et me blottis sous les draps pour ressasser les événements de la veille. Son ventre si plat, son torse imberbe m'avaient tous deux semblé glisser sous mes doigts lorsque je m'étais mis à les caresser. J'avais dû me limiter dans mes caresses, car j'étais à genoux devant lui à déboutonner son jeans pour le faire tomber à ses chevilles. Ses déhanchements m'avaient montré à quel point il avait hâte de se débarrasser de son boxer et j'avais concentré tous mes efforts pour l'y aider. J'avais cependant pris soin de d'abord coller mon visage contre son paquet, de le sentir à travers le tissu. Ce tissu que sa queue humidifiait au fur et à mesure que son excitation montait. Je voulais goûter son sexe, je voulais le goûter lui.
J'en avais tellement envie que mes mains tremblaient complètement. Cela rendit mon travail plus ardu, mais je parvins finalement à libérer son pénis. Dès qu'il fut nu devant moi je dû me rendre à l'évidence. Ce n'étaient pas uniquement mes mains qui tremblaient, mais bel et bien mon corps tout entier. Il me faisait un effet incroyable. Je fis de mon mieux pour me calmer. Je baissai mon regard et fermai même mes yeux dans l'espoir de parvenir à reprendre mon souffle, mais l'avoir aussi près de moi rendait mes efforts futiles. Je pouvais sentir son odeur, son corps brûlant réchauffait mon visage. Putain, il fallait que je me calme !
J'ouvris les yeux et pris son sexe dans ma bouche pour l'avaler tout entier. Je n'avais pas la moindre idée de ce qui m'avait permis de réaliser un tel exploit. Jamais je n'avais touché la bite d'un autre mec, alors réussir à faire une pipe ! Mais s'agissant de Nate, de mon Nate, ça ne pouvait pas être trop difficile. Mon désir me consumait, je le voulais si fort en moi que ma gorge ne pouvait ressentir le moindre réflexe de rejet. Pas avec Nate ! Je commençai un mouvement de va-et-vient et m'amusai à dérouler ma langue sur son membre pour enfin réussir à lui arracher ses premiers gémissements.
Je ne l'avais jamais entendu produire de tels sons de plaisir. C'était la première fois et la simple idée que c'était moi qui lui faisait cet effet m'abasourdît. Je faillis jouir sur le champ. Je dus prendre un moment pour me calmer et relativiser. Du haut de mes putains de vingt-huit ans, je n'allais quand même pas jouir dans mon slip !
Je retins mon orgasme et continuai à m'adonner à ma tâche. Je pris son gland entre mes lèvres pour le sucer. Ses gémissements se renforcèrent et il m'attrapa la tête pour me caresser les cheveux en clamant mon nom à plusieurs reprises, puis il se mit à pilonner ma bouche. Il me pénétra d'abord en douceur, puis accéléra le rythme de ses hanches tout en continuant à geindre mon nom pour enfin déverser son foutre au fond de ma gorge.
Je pus sentir sa chaude semence couler en moi et l'avalai avec délectation. Je ne voulais pas en laisser échapper une seule goutte. Tout ce foutre était un bout de Nate qui devenait partie intégrante de moi et j'allais tout faire pour bien me le garder. Lorsqu'il s'immobilisa, je levai les yeux vers lui pour l'admirer tout en gardant mes lèvres autour de sa bite. Je me refusais à bouger. Je voulais le garder en moi le plus longtemps possible. Mais ses genoux le lâchèrent et il s'écroula sur le sol en fermant les yeux.
J'eus un doute affreux en le prenant dans mes bras mais m'aperçus vite qu'il respirait normalement. Il avait dû boire plus que je ne le pensais et, combiné à son orgasme, ça l'avait mis dans les choux. Je le remontai sur le lit. Je me mis alors à l'admirer dans son sommeil, m'assurant que son souffle était normal et que tout allait bien.
Ce n'est qu'une fois rassuré que je m'aperçus que mon slip était mouillé. Merde, j'avais joui rien qu'en le suçant. Carrément pathétique, je sais bien, mais vu que c'était Nate, ça ne pouvait pas se passer différemment. Personne d'autre ne pourrait me mettre dans un tel état, ni maintenant ni jamais. Ma seule crainte : qu'à son réveil, il m'en veuille de l'avoir sucé alors qu'il était tellement ivre. Je ne pouvais qu'espérer qu'il comprenne. J'étais dans une sacrée merde.